Il faut défendre la Démocratie et les Libertés

L’imminence de la Coupe du Monde ainsi que des élections ont pour conséquence  l’intensification du rythme des manifestations et des mobilisations qui ont débuté dans tout le pays depuis juin 2013. A partir de ce moment là, s’est développé une sorte de « pédagogie de la révolte » qui a incité les pauvres, les exclus, les marginalisés à résister chaque fois plus aux excès «  des points noirs » de la démocratie brésilienne, dans l’espoir de rendre celle-ci plus perceptible. C’est l’explication des protestations contre les violences d’Etat dans les périphéries, mais aussi des « rolezinhos » et autres formes de mobilisation et d’expression.

Actuellement, nous sommes particulièrement inquiets des ripostes du pouvoir contre les manifestants, chaque fois plus violentes. Ces ripostes armées traduisent un tâtonnement malheureux des autorités qui confient le pouvoir répressif aux Forces Armées, alors même qu’une médiation pacifique pourrait favoriser la mise en place d’un dialogue entre le pouvoir et les manifestants.

Nous cherchons à promouvoir une nouvelle et puissante forme de liberté, d’égalité et de justice, à laquelle l’Etat, à tous les niveaux, répond de manière répétée et déraisonnablement répressive.  Les mesures législatives envisagées d’organisation judiciaire et d’utilisation de l’usage exceptionnel du régime « Garantia da Lei e da ordem » (Garantie de la Loi et de l’Ordre)  paraissent confirmer cette lamentable et pernicieuse tendance.

Cela a pour conséquence  la mise à disposition du pouvoir présidentiel et du Congrès la définition de nouveaux crimes et le renforcement des peines,  visant délibérément les manifestations ; menace d’une restriction du droit de grève,  création de centres « ad hoc » de protestations, augmentation des forces anti-manifestation,  banalisation des emprisonnements sans jugement. Tout ceci évoque et semble préfigurer le retour des germes autoritaires de la dictature qui naquirent il y a de ça 50ans, s’inspirant des lois terribles et de la doctrine malheureuse  de la sécurité nationale.

Nous ne voulons pas inscrire dans notre Histoire la cicatrice des oublis du passé – surtout celles des « favelas » et des manifestations – et de ce qu’il peut arriver s’il n’y a pas plus de sagesse et de discernement de la part des autorités. Nous considérons que les divers soulèvements de la foule ont eu un effet positif sur la démocratie et l’intérêt général. Des décisions erronées et injustes des pouvoirs publics ont été (au moins partialement et provisoirement) révisées, des espaces publics ont été préservés, la conscience générale s’est réveillée à des thèmes essentiels tels que les moyens de transports, les services d’éducation et de santé, le système de représentation politique, les déplacements  des populations pauvres, la brutalité policière, l’apartheid racial et social. Sans les manifestations nous ne nous souviendrions plus des Morts du quartier de Maré et le cas Amarildo n’aurait peut être pas atteint la répercussion et le développement qu’il a connu. Sans les manifestations, la liberté des médias ne se serait pas accrue et les moyens de communications commerciaux, corporatifs et étatiques n’auraient pas été contraints de couvrir les protestations et de rectifier leurs versions des épisodes violents.

Un aspect prometteur et positif de ce cycle de manifestations et de protestations, pour nous fondamental, est le rôle joué par la nouvelle génération de citoyen, une jeune foule sensible, créative, combative, sensible aux maux de la société, solidaire et disposée à se consacrer aux libertés communes. Les jeunes manifestants promeuvent une forte action critique contre les modèles établis par l’Etat, la ville, la Justice, la sécurité et le développement. Le plus souvent cela se déroule dans la bonne humeur, la subversion, la beauté et la créativité, dans le respect de la vie et de l’autonomie. Chaque manifestant se fait le porte-parole d’une idée, inscrite sur son panneau : fait inédit dans notre vie politique.Nous pensons que ce désir de « changement » et de perfection qui s’exprime dans les manifestations qui ont pour motif « La Copa », ne se dirigent  pas « contre le Brésil », contre le football et la joie. Mais, ils agissent contre une forme d’autorité technocratique et socialement injuste qu’imposent des groupes comme la FIFA, l’Etat et les grands groupes nationaux ou les grandes multinationales qui portent préjudices au sport et empêchent l’accès des stades au peuple.

Nous condamnons, et considérons comme aberrants, tous les excès de violences commis à plusieurs reprises par les forces de police militaire contre les manifestants et contre la population en général.

Nous considérons comme inacceptable la généralisation du dispositif policier pour attaquer ou intimider toutes personnes voulant s’opposer à ces actions cruelles ou les rendre de notoriété publique, incluant  les activistes des média indépendants, avocats et secouristes volontaires.

Nous considérons inacceptable la détention arbitraire de manifestants pour le simple fait de porter un masque ou un déguisement ou pour avoir été présent dans un lieu de confrontation alors qui ne la provoquait pas.

Nous considérons comme inacceptable la dissolution et le déplacement par la force et sans ordre juridique légitime  des occupations pacifiques des espaces publics et les autres formes d’exercice des libertés : de réunion, de déplacement et d’expression.

Nous considérons comme inacceptable l’utilisation arbitraire d’armes, incluant les « armes  incapacitantes » (qui ne sont en réalité qu’à peine « moins meurtrières, et qui mutilent et blessent).

Nous considérons que les armes ne peuvent pas être un substitut au devoir d’écoute et de dialogue et que ces devoirs doivent être scrupuleusement respectés par les forces de l’ordre.

Nous défendons les libertés : de pensée, d’expression, de critique, de déplacement, de réunion, d’association et de manifestation.

Nous défendons l’intégrité des droits physiques et psychologiques de toutes les personnes qui manifestent.

Nous défendons le désarmement et le redéploiement des forces de sécurité publique, avec pour principe le respect des droits de l’homme et du citoyen, incluant les pauvres et les manifestants.

Nous défendons la responsabilisation des actes injustifiables commis par la police, spécialement contre les personnes qui sont physiquement ou socialement vulnérables. Nous défendons le bon emploi et la bonne gestion de « la chose publique » pour qu’elle soit mise aux services de l’intérêt commun. Nous défendons le droit à la vraie  information.  Nous défendons le droit aux actions des citoyens dans la rue.

Nous affirmons que la jeunesse et les pauvres ont le droit sacré de rêver à une ville, un état, un pays, un monde meilleur pour tous et de se battre pour ce rêve.  Nous invitons tous ceux qui nous lirons à réfléchir avec sérénité et indépendance aux points de réflexions que nous avons exposé.  Ce texte a été inspiré d’un débat entre amis et personnes qui partagent cet engament basique pour les libertés  et la démocratie. C’est une initiative qui n’est pas corporative et qui n’est pas non plus partisane, elle est pour tous les citoyens quel qu’ils soient.  Ceux qui se retrouveront dans cet esprit pourront ainsi la signer, en envoyant leur signature ainsi que le nom avec lequel ils souhaitent être identifié.

Dans l’espoir que la tolérance, le respect, la sérénité, l’équilibre et l’éclaircissement triomphent. Nous vous saluons chaleureusement.

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